Semaine 5 – les enfants font partie de l’équipe

 

Semaine ensoleillée qui nous permet d’avancer plus vite !

Enfance
Les enfants sont toujours au rendez-vous. Quand il ne peuvent pas nous aider sur des taches trop difficiles, ce qu’il est nécessaire toutefois de rappeler sinon ils pensent savoir tout faire, ce qui est vrai en un sens, ou lorsqu’il nous faut avancer vite et que l’on n’a pas le temps de les encadrer ou encore lorsque nous sommes en sous-effectif et que cette raison s’applique encore, les enfants dessinent ou crées leur propre jeu, leur propre architecture, leur propre mobilier à inventer. Le prétexte, toujours, est secondaire, ce qui importe, c’est de faire, inventer un assemblage et le réaliser en tapant avec un marteau sur un clou ou en vissant avec cette machine extraordinaire (« mon père aussi en a une ») qui décuple la force et qu’on appelle la visseuse. Dessiner c’est une manière d’être avec nous actif et de passer le temps, c’est aussi une manière de se rassembler entre ami.e.s pour discuter autour de mondes qui n’existent nul part et qui sont bien réel pourtant ! Nous, autour d’eux, nous construisons ce qui est déjà une base de vie.

Grâce aux modules de terrasse, la parcelle est de plus en plus praticable, nous pouvons circuler convenablement. Les enfants sont plus en sécurité, bien qu’il faille toujours être très prudent à cause de la proximité avec la rue Adrienne Maire dont la limitation de vitesse, sur cette portion, n’est pas toujours respectée.

En équipe
Nous avançons sur la construction de la cantine en réalisant un bar qui doit pouvoir rentrer entièrement dans le container cuisine et en sortir les temps d’ouverture. Il doit pouvoir s’imbriquer avec l’évier intérieur ancré dans l’établi et avec l’évier extérieur monté sur l’une des portes. Il doit pouvoir être accessible aux adultes et aux enfants. Il doit être fabriqué à partir des matériaux de récupération essentiellement constitués de plaque de contre-plaqué. Ce bar, conçu par Ariane Cohin, doit être beau en répondant à toutes ces contraintes. 
Deux équipes sont constituée, l’une pour les relevés et l’assemblage avec Ariane et Egge, l’autre à la découpe avec Bruno et un habitants sans emploi mais désireux de travailler là pour œuvrer à la construction de la cantine. Il s’élève rapidement. Grâce aux roues récupérées sur les poubelles qui ont servi à concevoir les bacs de phyto-épuration, il roule. Bruno ajoute une touche décorative en utilisant un oculi en verre teinté récupéré chez Macoco à côté pour donner à la face externe du bar sa signature, ce qui fait qu’on le reconnaît.

L’évier extérieur, récupéré est monté à l’aide de cordes. Les éléments de plomberie sont prêts, il reste à les assembler avec l’intérieur du container pour l’arrivée d’eau et avec le dispositif de phyto-épuration. L’eau sera stockée dans une cuve placée sur la partie supérieure du container Cantine et alimentera avec la force de gravité les deux éviers. L’objectif  est d’atteindre à un fonctionnement simple, écologique et autonome. Pour l’heure, l’eau sera acheminée depuis la buse d’alimentation des immeubles et nous placerons un compteur qui nous permettra de facturer l’eau à l’OPHM (Office Public de l’Habitat Montreuillois).

Pédagogie et transmission
Antoine, toujours épaulé par les enfants, mesure et découpe les carreaux de céramique blanc qui recouvriront l’établi de la cantine. Egge apprend à Axel à se servir du coupe-carreaux. Nous sous-estimons parfois la capacité des enfants à être soigneux et précis lorsque nous voyons leur enthousiasme à faire et l’énergie qu’ils mettent parfois incompatible avec la patience et la délicatesse que réclame certaines tâches. Ici, une fois de plus, ils nous prouvent leurs force d’apprentissage et leur capacité à transmettre. Les carreaux sont parfaitement découpés, le geste est précis et appliqué.  Chaque plaque de carreaux est référencée, classée et rangée en attendant l’étape de la pause.

Nous réalisons les plantations pour la photo-épuration. De jeunes plants en godet. Nous réalisons qu’ils sont très jeunes, ce qui est bien pour une bonne adaptation au milieu mais ce qui est moins bien pour le temps qui nous est impartie. La cuisine ouvre bientôt et la filtration par les racines sera loin d’être optimale. Il faut toujours que nous évaluions nos actions en relation avec une temporalité de projet qui touche à l’éphémère. La question des plantations est particulièrement représentative de la relation entre le maintenant et le futur. Pour chaque projets, nous plantons maintenant pour demain, l’action est immédiate mais effective plusieurs années après. Une plante n’est pas installée une fois mise au sol, mais après une année minimum. De plus, l’effet pour lequel elle a été choisi ne se ressent qu’après des années pour un arbre fruitier par exemple. Ici les petits plants se développeront, nous n’en doutons pas, mais leur action sur la qualité de l’eau ne pourra se ressentir véritablement qu’après une année de développement, étant donné leur taille actuelle. Il s’agit de vivaces à la croissance rapide mais l’environnement n’est pas optimal (arrachage par les enfants, passage d’un substrat de pépinière à la pouzzolane). 
Nous sommes heureux néanmoins de les planter avec l’aide des enfants à qui l’on apprend le cycle de l’eau à l’échelle de la cantine, à qui l’on apprend qu’une plante est un être vivant qui boit, respire, transpire, se multiplie, et rentre dans une écologie dont nous faisons partie. Nous leur apprenons comment la phragmite se multiplie, ils comprennent pourquoi il y en a autant auprès de « la mare aux canard » dans le parc des Guilands accolé à La Noue. Des rhizomes des phragmites nous passons aux stolons de la menthe aquatique puis au mode de multiplication végétatif des Carex qui est le même que pour l’herbe que nous foulons. 

La présence des enfants nous permet de mettre en parole des actions concrètes et de les relier avec une logique d’ensemble qui tient à l’intelligence du projet alliant écologie et économie. Nos actions réagissent à un contexte écologique, social et professionnel. Chaque actions nous permet de faire l’éloge du circuit court, du réemploi, de la mise en réseau des forces (mutualisation des moyens), de la pédagogie par le faire, des usages spontanés, de l’expérimentation etc.

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